Le Forum Constituant de l'IA responsable. Trois jours avant que les États ne se réunissent à Palexpo, la recherche mondiale et les habitant·es de ce pays écrivent ensemble ce qui est désirable, ce qui reste acceptable, et les lignes rouges à ne pas franchir.
Les précédents sommets ont parlé de la gouvernance de l'IA.
Genève montre comment une démocratie y participe.
On se souvient de Bletchley pour la sécurité, et des éditions suivantes pour l'action, l'innovation puis l'impact. Chacune a laissé une empreinte. De quoi se souviendra-t-on pour Genève ?
Aucune de ces éditions n'a été accueillie par une démocratie semi-directe. Aucune n'a montré comment des citoyen·nes, des scientifiques et des associations contribuent, de manière structurée et documentée, à la réflexion sur la gouvernance de l'IA.
Le pays du référendum, du consensus et du tripartisme peut faire ce qu'aucun hôte n'a fait avant lui. C'est une signature qu'aucun autre pays ne pourra reprendre l'année suivante.
Ce que Genève met en chantier ce jour-là porte un nom : un nouveau contrat social dans une société amplifiée par l'IA.
Genève accueille déjà la vitrine de l'IA. Elle accueillera la négociation. Il lui manque le lieu où l'on délibère — celui où la science indépendante et la société civile disent ce qu'elles attendent. Retirez la pièce du milieu, et la promesse multipartite du Sommet n'a nulle part où se fabriquer.
Montrer ce que l'IA sait faire, au service des objectifs de développement durable. Industrie, agences onusiennes, innovateur·rices.
Distinguer ce qui est désirable de ce qui est seulement acceptable, et nommer les lignes rouges. Science indépendante et société civile, à égalité, jusqu'à des textes publiés.
Dialogue intergouvernemental et multilatéral sur la gouvernance mondiale de l'IA. États, organisations internationales, industrie, académie.
Nous l'appelons Constituant parce que son objet n'est pas de commenter la technologie, mais d'élaborer les fondements d'un contrat social dans une société amplifiée par l'IA — méthodiquement, et dans la durée.
Un colloque international : le temps d'une journée, la recherche sur l'IA responsable converge à Genève. Communications sélectionnées par les pairs et publiées en accès ouvert, avec une place réservée aux jeunes chercheur·ses.
Habitant·es, associations, collectifs et curieux·ses travaillent sur les mêmes questions que les scientifiques de la veille. C'est ce jour-là que les citoyen·nes présentent le fruit de leur délibération et le mettent en discussion avec la recherche.
Le vendredi, la recherche pose les faits. Le samedi, les citoyen·nes délibèrent et construisent leur mandat pour le Geneva AI Summit. Chaque journée nourrit l'autre.
Les salles et les horaires précis seront publiés avec l'ouverture des inscriptions. Les personnes dont la participation n'est pas encore confirmée ne sont volontairement pas nommées.
Qui écrit les règles de l'IA ?
Who writes the rules of AI?
La journée scientifique du 18 juin accueille des communications sélectionnées par un comité de lecture international et publiées en accès ouvert. Les propositions se déposent sous forme de résumé, sur la plateforme SciencesConf du Forum.
Le dépôt se fait sur raiwf-ge.sciencesconf.org, la plateforme ouverte du CNRS pour les conférences scientifiques. La création de compte est gratuite. Les actes du Forum sont publiés sous licence ouverte, au même rang que les actes de la journée de la cité.
Ce n'est pas un document que l'on signe. C'est l'accord qui lie les pouvoirs publics, les entreprises et les personnes : chacun apporte quelque chose, chacun attend quelque chose en retour. Une société le renégocie chaque fois que ses conditions matérielles changent — l'industrialisation a produit le droit du travail, l'après-guerre les assurances sociales.
Ils posent les règles, protègent contre les risques que personne ne peut porter seul — maladie, chômage, vieillesse — et redistribuent. En échange, ils lèvent l'impôt et exercent une autorité acceptée.
Elles produisent, emploient, innovent, et bénéficient d'une infrastructure, d'une main-d'œuvre formée et d'un marché stable. En échange, elles contribuent — par les salaires, les charges, l'impôt et le respect de règles qu'elles n'ont pas écrites seules.
Elles apportent leur travail, leurs compétences, leurs impôts et leur part de la vie collective. En retour, elles s'attendent à travailler en sécurité, à voir leur dignité respectée, et à occuper une place qui leur donne les moyens d'agir sur ce qui les concerne.
C'est par le travail que la valeur se crée, que la contribution se paie, que la protection se finance et qu'une place sociale se tient. Déplacez le travail, et les trois côtés de l'accord bougent en même temps. C'est exactement ce que l'IA est en train de faire.
Quand une part de la production passe par des systèmes conçus et détenus ailleurs, la valeur créée transite moins par les salaires. Or c'est sur les salaires qu'est assis le financement de la protection sociale.
Le problème n'est pas tant la disparition du travail que son rythme de recomposition : une compétence peut devenir obsolète en moins de temps qu'il n'en faut pour se reconvertir. Reste à savoir qui porte ce risque.
Être recruté·e, affecté·e, évalué·e ou écarté·e par un système modifie ce que l'on doit à un employeur et ce qu'il nous doit. La relation de travail cesse d'être entièrement une relation entre personnes.
Aucune de ces questions ne se règle dans un service RH ni dans une loi isolée. Toutes portent sur la répartition du risque entre l'État, l'entreprise et la personne — c'est-à-dire sur le contrat social lui-même.
Un contrat social ne se renégocie pas dans l'abstrait. Il se négocie là où l'IA touche à ce qui compte : les corps, la transmission, les institutions. Trois domaines où la question — qu'est-ce qui reste non négociable ? — se pose avec le plus de force.
Le soin repose sur une promesse : que quelqu'un réponde de ce qui m'arrive. Diagnostic assisté, tri des dossiers, priorisation, données de santé — chaque délégation à une machine déplace cette promesse. Le contrat social à écrire ici dit ce qu'une société consent à automatiser quand il s'agit de corps et de vies.
Éduquer, c'est transmettre ce à quoi une société tient. Pour la nouvelle génération d'abord : quand des systèmes savent déjà rédiger, corriger et orienter, la question de ce que l'on veut voir grandir chez une personne se rouvre entièrement.
Pour les adultes ensuite, et c'est le point aveugle : se former cesse d'être un rattrapage ponctuel pour devenir une condition permanente d'accès au travail. Reste à dire qui paie, sur quel temps, et ce qu'on doit à celles et ceux dont le métier se transforme plus vite qu'ils ne peuvent suivre.
Une démocratie tient à ce que ses décisions puissent être expliquées, contestées, révoquées. Administrations, prestations sociales, justice, débat public : partout des systèmes s'intercalent entre la règle et la personne. Le contrat social à écrire ici fixe ce qu'un État peut déléguer sans cesser d'en être comptable.
Un sommet dure deux jours et laisse un communiqué. Un Forum Constituant laisse des textes travaillés, publiés, opposables — et un processus qui continue.
Communications sélectionnées par les pairs, publiées en accès ouvert.
Les conclusions des délibérations citoyennes, publiées au même rang que les actes scientifiques.
Tout ce que le Forum fabrique est publié sous licence ouverte : la méthode de délibération, les supports d'acculturation, les grilles d'animation, les jeux de données, les résultats — y compris les désaccords qui n'ont pas été tranchés.
Ce n'est pas un supplément d'âme, c'est la condition pour que Genève produise un modèle et non un événement. Une ville, une université, une association, un canton qui veut refaire la démarche chez lui doit pouvoir le faire sans nous demander l'autorisation et sans repartir de zéro.
C'est aussi ce qui rend le résultat vérifiable : une méthode publiée peut être critiquée, répliquée, améliorée. Un contrat social qu'on ne pourrait pas examiner de près n'engagerait personne.
Le travail façonne les vies : la dignité, la santé mentale, le pouvoir d'agir, la place de chacun·e dans la société. La Fondation impactIA, basée à Genève, agit depuis 2017 pour que la transformation du travail par l'intelligence artificielle devienne un levier de dignité, d'équité et de prospérité partagée.
Un monde où les intelligences individuelles, collectives et artificielles s'allient pour que le travail élève chaque vie et que le progrès devienne un bien commun.
Pour que chacun·e traverse la mutation de son activité en position de force : des compétences, des repères, la maîtrise de ses données.
Pour que les gains de l'IA se traduisent en travail durable : du temps rendu, des conditions élevées, une valeur redistribuée.
Pour que les règles de ce partage s'écrivent démocratiquement, jusqu'à constituer le nouveau contrat social.
Une IA responsable prend ses décisions depuis le bien commun. La question qu'elle porte n'est pas « qu'est-ce qui est optimal pour qui l'utilise ? », mais « qu'est-ce qui est bon pour l'ensemble ? ».
Et l'ensemble ne se limite pas aux humains : c'est tout l'écosystème du vivant — les personnes, les communautés, la nature, l'environnement. Une décision qui abîme un maillon abîme, tôt ou tard, le tout. L'alignement sur les droits fondamentaux en est le socle, le minimum non négociable ; le bien commun en est la source.
Sa méthode délibérative HumanIA, éprouvée sur le terrain depuis 2023, fait délibérer les citoyen·nes et les premier·es concerné·es — dans les villes, les administrations publiques, les organisations, les hôpitaux, les entreprises, les écoles —, partout où l'IA transforme en profondeur la vie des personnes. C'est elle qui structure la journée du samedi.
Découvrir la Fondation impactIA ↗Des chercheuses et chercheurs de Suisse, de Belgique, de France et du Canada, réuni·es autour d'une même exigence : une IA au service des droits fondamentaux. Le comité sélectionne les contributions du colloque.
Le Forum se construit en écosystème ouvert. Chaque partenaire y apporte ce qu'il sait faire — accueillir, chercher, transmettre — et chaque soutien est affecté à un poste identifié. Cette liste s'allonge.
Ville deLa Ville accueille le Forum et y engage ce qui fait sa singularité : une tradition de débat public et des habitant·es habitué·es à être consulté·es. C'est à Genève que la délibération citoyenne se tient, et c'est depuis Genève que ses conclusions partent vers le Sommet.
geneve.ch ↗
UniversitéL'UNIGE conduit la direction scientifique du Forum, assurée par la Pre Isabelle Collet. Plusieurs de ses facultés et centres siègent au comité, dont le Centre universitaire d'informatique. C'est elle qui garantit la sélection des communications et la rigueur des actes.
unige.ch ↗
DigitalOrganisation suisse qui rend l'apprentissage du numérique et du code accessible aux enfants. Au Forum, elle tient l'espace où les enfants prennent l'IA en main pendant que leurs parents participent aux activités — et porte la voix de celles et ceux qui grandiront avec ces systèmes.
digitalkidz.ch ↗Institutions publiques, fondations, entreprises, médias, universités, collectivités : chaque soutien est affecté à un poste identifié et fait l'objet d'un reporting complet.
Devenir partenaireLe Forum ouvre un processus qui trouve sa finalité en 2030, accompagné tout du long par les dispositifs démocratiques d'HumanIA. Chaque étape est une délibération, et pas un bilan rédigé entre soi.
Deux journées, un colloque international et une journée de la cité. Les actes scientifiques et les actes « cité » sont produits, et le commun numérique est ouvert.
Publication des actes et de la feuille de route. Un an après, une nouvelle délibération HumanIA reprend le fil : où en sommes-nous, qu'est-ce qui a bougé, qu'est-ce qui est resté lettre morte, et que faut-il corriger ?
Ce qui a été mis en œuvre, et par qui. La délibération devient un rendez-vous régulier ; l'écart entre ce qui était attendu et ce qui existe réellement se mesure une fois de plus, et le texte se précise.
Dans une société amplifiée par l'IA, co-rédigé à Genève par la recherche et par la cité. Non pas un texte de plus, mais un modèle ouvert : la méthode, les matériaux et les désaccords sont publiés avec lui, pour qu'une autre ville, une autre région, un autre pays puissent s'en saisir et l'écrire à leur tour.
Le RAIWF a été conçu, dès l'origine, en fonction du Sommet : dans son calendrier, dans son contenu et dans ses livrables. Les deux événements ne se recouvrent sur aucune dimension. Ils s'emboîtent.
Le Forum se construit en écosystème ouvert : institutions publiques, fondations, entreprises, médias, universités, collectivités. Cette liste n'est pas fermée — elle est une invitation.
Appel à communications, programme, ouverture des inscriptions, appel à participer à la délibération citoyenne. Quelques envois par an, pas davantage.
Institutions publiques, fondations, entreprises, médias : chaque soutien est affecté à un poste identifié et fait l'objet d'un reporting complet. Nous vous envoyons le dossier correspondant à votre situation.
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